
L’arrêt du tabac est une entreprise difficile.
Environ 60 %
1
des fumeurs déclarent avoir envie d’arrêter.
1/3 d’entre eux utilise un médicament
2 mais seulement
3 % des candidats au sevrage qui n’ont pas été
accompagnés restent abstinents après
1 an
3.
Le rôle des professionnels de santé et
la prise en charge thérapeutique sont des facteurs
clé d’un sevrage réussi.
Le temps dédié
au conseil sur le sevrage tabagique est le temps le
plus utile que les médecins peuvent consacrer
pour réduire la morbi-mortalité. Sur
une année, un médecin qui motive 10
fumeurs à arrêter de fumer aura prévenu
5 décès précoces 2.
Le médecin traitant :
la proximité avant tout 4
Le médecin traitant est le mieux placé
pour aider les fumeurs et ouvrir le dialogue à
travers le
"conseil minimal".
Au cours de chaque consultation, le professionnel
s’enquiert systématiquement du statut
tabagique du patient, quel que soit le motif de consultation.
Cette pratique est peu chronophage et a prouvé
son efficacité.
Les résultats des études randomisées
et contrôlées en médecine générale
4 montrent 2 %
à 5 % d'arrêt soutenu sans aide. L'évaluation
a montré que poser deux questions, "Est-ce
que vous fumez ?" puis "Voulez-vous arrêter
de fumer ?", et offrir une brochure à
ceux qui répondraient "oui" à
la deuxième question doublait le taux de succès
de l'arrêt à long terme par rapport à
l'arrêt spontané dans le groupe témoin.
Un conseil minimal déclenchera peut-être
la discussion avec les fumeurs qui se posent des questions,
et pourra provoquer une demande de prise en charge
plus importante. Le médecin traitant va ainsi
aider le fumeur à construire sa décision
d’arrêt.
Si ces questions sont posées systématiquement
par les médecins, 2 % des fumeurs arrêteront
de fumer, soit au moins 200 000 fumeurs par an en
France.
Tout en respectant les choix
personnels et le rythme de chaque fumeur, l’aide
à l’arrêt comporte 3 étapes
:
 |
•1/ évaluation
de la motivation
à l’arrêt et renforcement
de celle-ci
•2/ évaluation de la dépendance
tabagique puis mise en place de
l’aide
au sevrage
•3/ suivi et accompagnement au long
cours pour la prévention
des rechutes
|
L’offre d’une brochure d’information
et la proposition d’une aide se traduisent par
4 fois plus d’arrêts soutenus par an
5.
Une fois cette décision d’arrêt
prise par le patient, le médecin traitant mesure
son niveau de dépendance en vue d’adapter
sa prise en charge cognitivo-comportementale et/ou
pharmacologique. À cet effet, des outils thérapeutiques
sont déjà disponibles. Mais la prise
en charge des patients fumeurs ne peut se résumer
à la simple rédaction d’une ordonnance,
il nécessite un suivi personnalisé.
L’accompagnement, le suivi et le soutien sur
le long terme sont indissociables de ces traitements.